Hello Hello

Aujourd’hui, je te parle du savon de Marseille!

Le savon de Marseille, on l’aime pour se laver, faire la lessive, détacher, nettoyer les sols, faire la vaisselle, se raser ou même se laver les dents!

Bref, il est partout mais d’où vient-il, depuis combien de temps et comment le fabrique-t-on ?

Tu trouveras déjà plusieurs informations dans les fiches descriptives de la boutique mais suite à plusieurs questions/remarques à propos notamment de l’huile de palme, il me semblait nécessaire d’approfondir le sujet:-)

Je me demandais pourquoi diaboliser un produit qui est encore fabriqué de manière traditionnelle. En tout cas chez certaines savonneries. Car l’arnaque n’est jamais loin !

Et oui d’après le site consoglobe, 95% des savons de Marseille sont des faux ! Ne bénéficiant d’aucune protection sur son appellation, l’authentique savon de Marseille subit de plein fouet la concurrence, déloyale, des imitations venues de l’étranger qui usurpent son nom.

Aujourd’hui, ces 4 savonneries en activité sont regroupées au sein de l’union des Professionnels du savon de Marseille ( UPSM). Il y a aussi Rampal Latour mais manifestement elle n’en fait pas partie.

  • Le Sérail
  • Le fer à cheval
  • La Savonnerie du Midi
  • Marius Fabre

 

 

 

Je précise que je n’ai visité aucune des savonneries citées. Les informations proviennent essentiellement des sites des marques, mais aussi de Consoglobe et Landmade qui me semblent être des sources fiables.

Un peu d’histoire…

  • Les règles de fabrication du savon de Marseille ont été établies par l’Edit de Colbert en 1688 : outre une fabrication dans des chaudrons, il y avait obligation d’utiliser des huiles d’olive pures, interdisant les huiles animales.
  • Au milieu du XVIIème siècle, on dénombre 7 fabriques de savon de Marseille dans la ville pour une production d’environ 20.000 tonnes par an. Elle atteint de tels sommets que son nom devient un nom commun. Le savon est alors vert et se vend en barre de 5kg ou en pain de 20kg.
  • A partir de 1820, de nouvelles matières premières sont importées et transitent par le port de Marseille. Les huiles de palme, d’arachide, de coco, de sésame en provenance d’Afrique ou du Moyen-Orient sont utilisées pour la fabrication du savon.
  • Le 19eme et le début du 20eme siècle signent l’âge d’or du savon de Marseille mais aussi le début de la concurrence internationale qui annonce le déclin des prochaines décennies. Les savonneries anglaises et parisiennes proposent des savons aux prix plus attractifs, grâce à l’utilisation de graisses animales ( le suif)
  • A partir de 1920 , de nouvelles règles sont fixées pour la formule du savon : 63% d’huile de coprah ou de palme, 9% de soude ou sel marin et 28% d’eau
  • Les années 1940 marquent la fin d’une période faste pour la savonniers : l’industrie ne cesse de décliner dans la région marseillaise.
  • Ce déclin a plusieurs causes: l’apparition des détergents de synthèse et la généralisation de la machine à laver mais aussi le développement des grandes surfaces et la création de nouvelles savonneries dans les régions extra-méridionales.
  • Les années 70 annoncent le retour aux valeurs naturelles et écologiques mais des 108 savonneries à Marseille et 14 à Salon de Provence, il n’en restera plus que 3 à Marseille et 2 à Salon de Provence.

 

Aujourd’hui, on redécouvre les qualités de ce produit naturel et biodégradable, alternative saine aux produits dérivés des industries chimiques et pétrolières

Fabrication du savon de Marseille

Le procédé de fabrication est le même pour ces 4 grandes savonneries.

14 jours sont nécessaires à la fabrication du véritable savon de Marseille. Voici les différentes étapes de la fabrication :

  1. Saponification ou empâtage: transformation des huiles en savon, sous l’action de la soude ou de la chaleur, dans un grand chaudron.
  2. Le lavage: la pâte de savon est lavée plusieurs fois à l’eau salée afin d’éliminer la soude restante
  3. La cuisson: le savon cuit pendant 1 jour à une température de 120°C, sous la surveillance du maître-savonnier
  4. La liquidation: plusieurs lavages à l’eau permettent d’avoir un savon «  extra pur », débarassé de toute impureté

L’ensemble de ces 4 étapes s’appellent la cuite

  1. La coulée de la cuite : la pâte de savon est ensuite coulée dans des moules gigantesques
  2. Le séchage : le savon sèche pendant 48 heures à l’air libre
  3. Le découpage : une fois sec, le savon est coupé dans les mises en pain de 35kg
  4. Le moulage : 2 types de marquage=> frappé à la main pour les barres ou moulé en machine pour les cubes
  5. L’estampillage: sur les 6 faces, ce qui caractérise le vrai savon de Marseille

Comme tu le vois, c’est un vrai savoir-faire traditionnel transmis de génération en génération

Chaque savonnerie fabrique 2 types de savon : le vert à l’huile d’olive et le blanc aux huiles végétales.

Usage et composition du savon de Marseille

Etant donné que Lilycraft travaille avec Marius Fabre ( les cubes) et la savonnerie du Midi ( les copeaux), j’ai repris leurs ingrédients indiqués clairement sur leur site. A priori, la base est identique pour les 4 marques.

Savon de Marseille blanc :

Recommandé pour laver le linge délicat et détacher principalement. Et moi, je l’utilise pour la « petite vaisselle » également.

« Ingrédients (INCI) : Sodium palmate, Aqua, Sodium cocoate (or palmkernelate), Glycerin, Sodium chloride, Sodium hydroxide »

  1. Sodium palmate: huile de palme saponifiée. Elle permet d’avoir un savon plus blanc, et surtout plus dur beaucoup plus rapidement qu’avec l’huile d’olive. Elle n’est pas mauvaise pour la peau.
  2. Aqua: eau
  3. Sodium cocoate: huile de de coprah saponifiée ( le coprah désignant la chair de noix de coco). L’huile de coprah permet d’obtenir une savon moussant et qui durcit plus vite également. Cette huile rend la fabrication plus facile et rapide.
  4. Glycerin: la glycérine, présente dans la plupart des savons du marché est retirée lors de la fabrication du savon de Marseille. Il peut en subsister naturellement en petites proportions, ce qui explique la mention de ce composé sur l’emballage.
  5. Sodium chloride:  c’est du sel, tout simplement. L’eau salée utilisée pour laver le savon de Marseille lors de la fabrication peut laisser d’infimes résidus de sel dans le produit fini
  6. Sodium hydroxide: connue vulgairement sous le nom de soude caustique. C’est avec l’huile, le second composant essentiel au savon de Marseille puisque sans soude, pas de saponification, pas de savon! Très corrosive, la soude ne doit pas être présente dans un savon de Marseille autrement que sous la forme de traces infimes.
Les huiles sont certifiées RSPO (Roundtable on Sustainable Oil), issues de plantations gerées durablement, dans le respect de l’environnement et des cultures locales 

Savon de Marseille vert ( à l’huile d’olive) :

Recommandé pour l’hygiène, la beauté mais convient également à l’entretien du linge. D’autres vertus: il aiderait à cicatriser et éviter les crampes nocturnes.

« Ingrédients (INCI) : Sodium olivate ( 60-70%), Sodium cocoate (20%-30%), Aqua, Glycerin, Sodium chloride, Sodium hydroxide »

Le savon vert contient de l’huile d’olive et de l’huile de Coprah. L’huile d’olive est issue des grignons, c’est-à-dire issue de la 2eme pression. La 1er pression donnant une huile réservée à un usage alimentaire.

Pas d’huile de palme donc!

 

Alors, pourquoi l’huile de palme dans le savon blanc?

Pour rappel, un vrai savon de Marseille doit être composé de 72% d’acide gras, c’est-à-dire d’huile saponifiée. C’est un mélange d’huile et pas seulement de l’huile d’olive! Un savon contenant exclusivement de l’huile d’olive « ne tient pas ». L’ajout d’huile de palme ou de coprah permet d’avoir un produit solide, et qui mousse !

Comme tu as pu le lire dans l’historique, l’huile de palme est utilisée depuis bien longtemps.

Et à l’époque, on ne se souciait guère de la déforestation !

Le palmier à huile est d’origine africaine ( Afrique de l’Ouest). Il a fallu attendre les années 1830 pour que les planteurs Hollandais le transplantent en Indonésie, puis les Anglais en Malaisie. L’exploitation a démarré début 1900… la demande se développe réellement dans les années 60 et c’est durant les années 90 que la déforestation fait sentir ses effets dévastateurs.

Les fabricants ont malgré tout gardé  ce savon blanc pour son efficacité. Pouvoir lavant et résultats prouvés pour un prix plus que démocratique; Un peu plus de 6€ le bloc de 600 gr!

Il est aussi bon de savoir que 19% de la production de l’huile de palme dans le monde est destinée au secteur du cosmétique, 80% à l’industrie agro- alimentaire et 1% aux bio-carburants ( source : wikipedia)

Soyons honnêtes, il faut être conscient que l’intérêt croissant pour les DIY pourrait faire évoluer cette proportion. En effet, la demande importante pour le savon Marseille pousse les fabricants à produire plus et peut-être utiliser des matières premières peu recommandables. Chaque tendance a son revers! Le boom du « healthy/green food »  nous pousse à changer notre façon de s’alimenter également mais entraîne aussi des dérives: déforestation suite à la surconsommation des avocats, l’empreinte carbone du sucre/lait de coco… Vaste sujet!

En attendant,  consommons de manière responsable et gérons tout ça en « bon.ne père/mère de famille »

En résumé

Si tu veux un savon de Marseille de qualité, je ne saurais te conseiller d’opter pour une des 4 marques citées en début d’article. C’est le meilleur compromis entre qualité, savoir-faire et prix. On évite les savons de Marseille industriels, comme Le chat, le petit Marseillais et même l’Occitane!

Pour terminer cet article en beauté, je te propose une nouvelle petite recette de lessive en poudre que tu peux suivre en cliquant ici: lessive en poudre au savon de Marseille à l’huile d’olive

Je l’ai testée et franchement c’est une top alternative, encore plus rapide que la lessive liquide.

Alors tu me suis?